Le journal El-Khabar en Algérie, la solitude des journalistes “ALERTE” aux citoyens

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Notre alerte.

Voici l’histoire de l’acquisition-sauvetage d’El-Khabar par l’industriel Issad Rebrab, lire ICI. El-Khabar, une tribune de grande valeur dans le journalisme libre d’Algérie post-1988, vivait sereinement et stoïquement la pression du pouvoir, système ou régime…

Une filiale de Cevital, holding de l’acheteur, a acquis le quotidien arabophone, parce qu’il était déjà proie à un arrêt de la publicité publique, ce qui a réduit ses revenus et en conséquence tous les salaires de l’entreprise collective appartenant à plusieurs journalistes.

L’Algérie aborde actuellement le fin de règne inéluctable de Bouteflika, la maladie et le 4ème mandat usurpé. Pour le climat où se multiplient les révélations des affaires de corruption et les manipulations sortant directement du cabinet présidentiel, comme celle citant une évasion des prisons coloniales, qui n’a jamais existée, de feu Ait-Ahmed, décédé dernièrement, à lire ICI, nous lançons notre ALERTE !

Les médias, les citoyens honnêtes, qui à la longue deviennent gênants, et les journalistes engagés continuent leurs actions citoyennes, alors que l’agressivité des dirigeants devient de plus en plus féroce.

Les journalistes algériens qui passent pour un modèle d’abnégation dans la liberté de ton, même pendant l’époque (avant 1988) où n’existaient que les médias publics, ces Algériens des métiers de la presse et des médias sont restés avec détermination au service de la vérité. Ils sont toujours attachés à la liberté d’expression pour tous, qui ne peut être dissociée de la leur. Et sont aussi dans l’inconfort de leur expression selon l’éthique et la déontologie de leur métier. S’ils ne se mettent pas au service du clan opaque qui nidifie dans la présidence de la république algérienne (RADP), le sort promis à El-Khabar et son nouveau patron, leur est seul destin maintenant dessiné selon…

Nous avons avons publié des communiqués pour alerter les Algériens de ce qui se passe et qui est nouveau dans la main de fer qui se serre contre d’autres citoyens.

Communiqué signés par des personnalités algériennes, il interpelle la population à s’organiser pour faire cesser les atteintes qui visent de l’équipe d’El-Khabar, les journalistes livrés aux soupçons du raïs Bouteflika et de ses serviteurs…

Le journal El Khabar – une des citadelles de la liberté d’expression – fait l’objet de harcèlements méthodiques et entêtés. Par des procédés insidieux, les tenants du pouvoir ont poussé le journal à l’asphyxie financière dans le seul but de le soumettre. Mis en difficulté, des propriétaires du titre ont cédé des actions à un groupe industriel pour préserver le journal et l’entreprise qui l’édite. La transaction commerciale, qui ne doit satisfaire qu’aux règles et lois qui régissent ce genre d’opération, est saisie par le pouvoir comme l’occasion à ne pas rater pour achever d’acculer le titre et entraîner sa disparition.

Le zèle du ministre de la Communication révèle, à qui en douterait encore, la haine tenace que des cercles du pouvoir continuent à couver contre la presse et trahit le plan mis en branle pour pousser El Khabar dans l’impasse fatale.
Nous, signataires de cette déclaration, dénonçons avec fermeté cette énième atteinte à la liberté d’expression et condamnons l’acharnement aveugle du pouvoir à faire tomber un à un les acquis démocratiques arrachés de haute lutte pour servir des desseins politiques dont les ravages ne sont plus à démontrer.

Nous appelons à ce que cessent immédiatement ces assauts contre les espaces de liberté et exprimons notre entière solidarité au collectif d’El Khabar qui œuvre chaque jour à maintenir ce quotidien qui porte vaillamment les valeurs de démocratie et de progrès. El Khabar, comme d’autres titres de la presse indépendante, a accompagné les évolutions de la société dans ce qu’elle a vécu d’extrême et de décisif. L’existence d’une presse libre et indépendante est hautement nécessaire, voire une condition sine qua non à la construction de la citoyenneté et de la démocratie. L’attaque qui cible El Khabar est l’occasion de le rappeler haut et fort aux tenants du pouvoir.

Alger le 21 mai 2016

Signataires :

  • Kamel Daoud, écrivain, prix Omar Ourtilane
  • Aïssa Kadri, professeur  émérite des universités
  • Saïd Khelil, ancien détenu d’Avril 1980 et ex-dirigeant du FFS
  • Ali Bensaad, chercheur
  • Mohamed-Lakhdar Maougal, professeur
  • Mokrane Aït Larbi, avocat et défenseur des droits de l’homme
  • Noureddine Benisaad, président de la Ligue algérienne des droits de l’homme
  • Ahmed Rouadjia, professeur d’université
  • Mohamed Hennad, politologue
  • Fatiha Benabbou, professeur de droit
  • Nacer Djabi, sociologue
  • Samir Toumi, écrivain
  • Zoubir Arous, sociologue
  • Hasni Abidi, universitaire
  • Malek Bensmaïl, réalisateur
  • Abdelaziz Rahabi, ancient ambassadeur
  • Mohamed-Arezki Ferrad, écrivain et ancien parlementaire
  • Hafid Derradji, journaliste
  • Saïd Djabelkhir, islamologue
  • Bachir Derrais, réalisateur.
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