14 millions d’Algériens sous le seuil de la pauvreté

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Publié le 15 Octobre 2015 par LADDH

le seuil de la pauvreté

Comme chaque année depuis 1992, les Nations Unies déclaraient officiellement le 17 octobre Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Cette journée est l’occasion de reconnaître les luttes menées par les populations vivant dans la pauvreté et de faire un effort pour entendre leur voix.

A cette l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, cette année, pour la 28e Journée mondiale du refus de la misère, la LADDH parmi d’autres organisations internationales a retenu comme thème «Construire un avenir durable : S’unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination » .

La LADDH attire l’attention de l’opinion public national et international pour qu’ils prennent conscience que la pauvreté est une atteinte aux droits de l’homme. Tout enfant, tout jeune, homme, femme détient un droit, en tant qu’humain, à un niveau de vie adéquat, pour sa santé et son bien-être. Son droit à l’alimentation, à l’habillement, au logement, aux soins médicaux et aux services sociaux. Ces droits fondamentaux sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres traités et déclarations internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Dans ce contexte la LADDH tire la sonnette d’alarme sur la pauvreté en Algérie qui s’est confortablement installée dans les foyers algériens. Le pays compte au moins 1.7 millions familles démunies pour l’année 2015, une réalité longtemps dissimulée par les pouvoirs publics. Le chiffre n’est pas établi par notre organisation la LADDH, qu’on pourrait accuser d’avoir une volonté de ternir l’image du pays. Il est communiqué par l’un des ministres et le plus hostile au débat autour de la misère sociale en Algérie, celui de la Solidarité nationale et de la Famille.

Par ailleurs , la LADDH tient à souligner, dans le but de transparence totale pour l’opinion public, que le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, à Dar El Imam, le 01 juin 2015 lors de la cérémonie d’ouverture des épreuves éliminatoires pour la sélection du candidat algérien au concours international d’Alger de récitation, psalmodie et d’interprétation du Coran , Interrogé par un journaliste sur le nombre des pauvres et le rapport de la LADDH sur la pauvreté lors d’une animation de conférence de presse , pour contredire le rapport de la LADDH, il avait dit que 660 000 familles sont pauvres en Algérie. Et il avait précisé qu’il y a un besoin de l’appui d’un organisme spécial de bienfaisance, puis il ajoute que le rapport de la LADDH hautement exagéré, sans préciser Mr ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, le chiffre 660 000 familles qu’il avait annoncé, ne dit pas date du recensement à ‘’ 660.000 familles ‘’.

Pis encore Mr HOUARI Kaddour Secrétaire National chargé des dossiers spécialisés de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme croit que seule une enquête sur la consommation des ménages que réalisée, tous les dix ans, par l’Office national des statistiques (ONS) peut déterminer l’indice de pauvreté dans notre pays. En 2010, l’ONS a effectué ce travail, mais les résultats de cette enquête n’ont jamais été rendus publics. Pourquoi ?

Il est difficile pour Mr HOUARI Kaddour que les autorités, nous dit-on, de révéler des chiffres contredisant leur discours.

D’ailleurs sans ces données détaillées des ménages, aucune structure de l’état ne peut prétendre détenir des chiffres exacts sur le nombre de démunis en Algérie. Les chiffres donnés par le département de la Solidarité, ministère religieuse, le Croissant-Rouge ou les APC ne reflètent pas tout à fait la réalité du terrain.

Le pouvoir Algérien, qui ne cesse de gloser sur la dénomination de la pauvreté, préférant désigner cette population par le terme « démunie », devra désormais penser à ces millions d’Algériens qui peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.

Mr HOUARI Secrétaire National chargé des dossiers spécialisés de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme est persuadé que le nombre de pauvres dépasse le 35% des Algériens.

La crise économique a touché la classe ouvrière, faisant apparaître le phénomène de nouveaux pauvres, selon une étude réalisée récemment par les bureaux des wilayas de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme.

L’étude a concerné 4.500 ménages choisis dans les différentes régions Algériennes, en précisant que lors de notre enquête nous avons utilisé l’indicateur du Taux de pauvreté (proportion de la population disposant de moins de 1,25 dollar par jour) + la parité de pouvoir d’achat (PPA) en Algérie par rapport l’Europe et les états unis d’Amérique (c’est-à-dire le taux de change en PPA sert à déterminer la valeur relative des monnaies. Elle vise à définir quelle somme serait nécessaire pour acheter les mêmes biens et services dans deux pays de façon à calculer le taux de change implicite. Le taux de change en PPA attribue le même pouvoir d’achat à une somme donnée dans différents pays. Les taux en PPA facilitent la comparaison des revenus dans des pays différents, car les taux de change sont souvent instables sur les marchés.

Notre étude a révélé que les pauvres représentent 35% de l’effectif global des Algériens, soit une estimation d’environ quatorze millions de personnes, sur les quarante millions des algériens, qui sous le seuil de pauvreté et dans des conditions sociales déplorables. Au total, 93% des personnes interrogées par l’étude ont indiqué que leurs conditions de vie économique et sociale, avant la chute des prix du pétrole, était beaucoup mieux qu’actuellement. L’étude a précisé que le pouvoir d’achat des algériens s’est dégradé de 60% durant ces derniers mois depuis la fin l’année 2014 , à cause de la hausse vertigineuse des prix des denrées de consommation essentielle. Des personnes font face soit à des difficultés pour maintenir un mode de vie modeste ou tout simplement pour survivre au jour le jour.

Allant dans le même, une récente étude réalisée par des enseignants chercheurs, et organisée par l’université d’Alger-3, le 09 décembre 2014, à l’occasion d’un colloque international sur l’évaluation des politiques de lutte contre la pauvreté dans les pays arabes à l’heure de la mondialisation, a révélé qu’un Algérien sur deux ( 20 millions ) vit sous le seuil de pauvreté et dans des conditions sociales déplorables.

La LADDH affirme que le rôle de l’Etat, protecteur naturel des faibles catégories est absent, se demande sur le sort des projets de développement ayant pour objectif de réduire le taux de pauvreté, notamment dans le contexte actuel marqué par la baisse du pétrole, laissant les classes populaires sous le diktat des marchés économiques sauvages où évoluent des bandes plus proches de la Mafia que de commerçants.

À cet effet, Mr HOUARI Secrétaire National chargé des dossiers spécialisés de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme pointe du doigt sur une politique économique qui s’éloigne de plus en plus du développement de la richesse et de l’accès de tous à ce développement. En fait notre économie se résume à une répartition de la rente. Cette répartition ne se fait pas sur des paramètres garantissant l’équité. Il y a ségrégation dans la redistribution de la rente, faisant que certains sont gracieusement payés sans fournir aucun effort, alors que d’autres triment durement et sont mal payés, et que d’autres sont complètement exclus de ce processus de distribution.

Mr HOUARI Kaddour affirme que seuls 10% d’Algériens détiennent 80% des ressources du pays, une situation très inquiétante et qui confirme que les différences s’agrandissent entre les classes du peuple de façon inédite dans l’histoire de l’Algérie.

En conclusion, la LADDH affirme après une étude approfondie que les pauvres représentent 35% de l’effectif global des Algériens, estimés à quatorze millions de personnes sur les quarante millions des algériens..

P/ Bureau National

Secrétaire National chargé des dossiers spécialisés.

HOUARI Kaddour

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